LE MANIFESTE

Encore une. Encore une maison d’édition des Imaginaires qui flanche, tente de se relever et s’écroule enfin. Depuis deux ans, nous assistons au bal des fermetures. Sans rien dire. Trop pris que nous sommes par nos propres soucis quotidiens. Ceux qui font que, demain, nous serons encore là pour éditer des livres auxquels nous croyons. Alors que nous faisons partie de la première économie française, la Culture, nous nous débattons pour faire vivre la soi-disant pluralité culturelle. Quelques uns sont aidés pour cela. Quant aux autres qui tentent, innovent, prennent des risques, les cases ne sont jamais les bonnes et les banques aux abonnés absents.

Pourtant, ce sont toutes ces petites maisons d’édition qui organisent le maillage territorial de la jeune création littéraire francophone des Imaginaires et dénichent parfois la pépite éditoriale de demain. Ces maisons sont bâties sur des pilotis au milieu de l’Atlantique. Lieux de mille vents et tempêtes. Oubliant que, de Rabelais à Barjavel en passant par Cyrano de Bergerac, tous les auteurs se sont essayés à ce genre, nos publications sont systématiquement attaquées par une intelligentsia culturelle qui se gargarise d’Orwell et oublie les vivants, les contemporains qui réfléchissent, ou pas, à demain.

Cela se réduit-il donc qu’à un problème de reconnaissance de la part des édiles du métier ? Non, évidemment. Nous sommes aussi écrasés par un système économique contraint où la répartition des richesses prive le créateur premier du livre, l’auteur-trice, de sa juste rémunération. N’importe quelle analyse systémique menée sur notre secteur en démontrerait les aberrations : remises trop importantes, retours systématiques, parts des auteurs et éditeurs insuffisantes, impressions non compétitives sur le territoire français etc.

Face à tout cela, nous n’avons en représentation que le Syndicat National de l’Édition. Le MEDEF du livre. Ce n’est pas un gros mot. Comme lui, il ne représente qu’une petite partie de l’activité éditoriale en France et plus particulièrement celle des grands groupes. Nos réalités, à nous, petits et moyens éditeurs des Imaginaires ne sont pas les mêmes. C’est pourquoi il existe à côté du Syndicat du CAC40, la CGPME ou encore celui des Entreprises Sociales et Solidaires qui, aux dernières élections professionnelles, est d’ailleurs arrivé en tête. Il est temps pour nous aussi de nous compter, de sauter le pas de la représentativité professionnelle et de mettre en avant nos problématiques.

Nous voulons défendre la création contemporaine et soutenir les jeunes auteurs, réfléchir à de nouvelles solutions éditoriales avec le numérique en imaginant un autre livre de demain, proposer la refonte du modèle économique du livre et être force de proposition auprès de l’ensemble des pouvoirs publics pour la promotion des auteurs, illustrateurs et éditeurs. Séparés, nous n’arrivons qu’à survivre ; ensemble nous pouvons créer les conditions économiques de notre activité et voir nos maisons d’édition prospérer. Des différentes bannières des Imaginaires, nous devons n’en créer qu’une seule : celle de l’Imaginaire.

Nous devons créer le Syndicat National des Éditeurs Indépendants de l’Imaginaire.

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